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Culture générale des Pleurothallidinae.

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dom68
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Culture générale des Pleurothallidinae.

Message par dom68 le Dim 10 Fév 2013 - 17:21

Culture générale des Pleurothallidinae.

Il n’est pas facile de faire une généralité pour ce qui est de la culture des Pleurothallidinae.
En effet ; dans cette vaste sous-tribu (plus de 4000 espèces, ce qui représente 16% des Orchidaceae),
il existe une multitude de besoins spécifiques à tel ou tel genre ;
voir même dans un genre, à telle ou telle espèce.
Je vais essayer de vous faire un condensé des règles et donnés les plus importantes à savoir.

Les Pleurothallidinae croissent du niveau de la mer à plus de 3000 mètres d’altitude,
Du Nord du Chili jusqu’au Mexique, ce qui correspond à une diversité climatique assez importante
Du à la longitude, latitude et altitude des stations.
De plus, la Cordillère des Andes forme des vallées et plaines aux climats diverses et variés
Par rapport à leur orientation (Nord ; Sud etc.…) leur altitude, longitude et latitude.
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Répartition géographique des Pleurothallidinae.



Une règle plus ou moins commune à chaque station :
Les Pleurothallidinae baignent dans un climat humide de nuages et de bruine,
Cela est du à l’air chaud et humide de la mer ou des  vallées qui remonte le long des pentes.
Sous l’effet de la température plus froide en altitude (en moyenne moins 1°C tous les 150 mètres),
L’humidité de l’air se condense en brouillard et nuage (précipitation horizontale).
Par conséquent, l’hygrométrie de nuit devrait être plus importante que celle diurne.
A cette particularité, s’ajoutent les données climatiques (pluviométrie ; température ; ensoleillement)
Vous donnant une moyenne très variée.
Vous pouvez vous faire une idée sur la spécificité d’un besoin propre à l’un ou l’autre Pleurothallidinae ;
Plus de froid ; plus ou moins d’eau ; voire même de courtes périodes plus sèches (Amérique centrale) ;
Plus ou moins de lumière ; etc.
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Petalodon collina ex. Masd. collina in-situ au Panama.

La règle d’or :
Servant d'organe de réserves chez la plupart des plantes à rhizome, permettant une période de latence,
ce rôle chez les Pleurothallidinae est inexistant, ou presque, vu sa taille et leur mode végétatif.
Pour bien comprendre :
Nous savons qu'en botanique la définition d'une tige est la suivante:
- organe dressé (donc à géotropisme négatif) qui croît à l'opposé de la racine.
Elle porte des feuilles et des bourgeons, ces derniers pouvant évoluer en rameaux ou en fleurs.
La tige, ramifiée ou non, est toujours le support des feuilles et des fleurs.
En terme morphologique, la tige est également appelée axe.
Mais dites moi, n'est ce pas là une définition qui convient à notre rhizome ?
Mais oui ! Le rhizome n'est ni plus ni moins (tout comme chez l'arbre), une tige, certes souterraine,
mais une tige tout de même.
Chez les Pleurothallidinae, il définit le développement de la plante :
- rhizome compact très peu traçant, formant des touffes compactes, plus difficiles à diviser.
- rhizome traçant rampant, formant des touffes très aérées.
- rhizome traçant grimpant, formant des touffes en échasse,
c'est à dire que chaque nouvelle pousse se développe plus haut que la précédente.
Le rhizome définit également la vigueur de la plante,
c'est pour cette raison que lors de la division,
il est impératif d'avoir au minimum entre cinq et dix feuilles,
car le nombre de feuilles définit la taille du rhizome par conséquent la vigueur de la division.



A savoir :
Dr. Ir. Kronenberg
(Traduction d'un texte de L. Busschot)
En général les plantes métabolisent le CO2 pendant la journée tout en relâchant
de l'oxygène et de l'eau.
Elles régulent l'évaporation de l'eau en ouvrant ou fermant leurs stomates en
fonction de la quantité d'eau présente.
Mais si les plantes ne se dessèchent pas aussi rapidement,
leur croissance est plus lente puisqu'elles ont moins de CO2 à leur disposition.

Les Pleurothallidinae (comme la plus part des plantes tropicales st subtropicales)
s'adaptèrent aux nouvelles conditions climatiques en ouvrant leurs stomates la nuit,
seul moment où l'humidité était plus importante.
Le CO2 présent était temporairement transformé en acide malique et stocké
dans les cellules des feuilles.
Ce n'est que pendant la journée que l'acide malique aidé par l'énergie solaire était transformé en sucre
(photosynthèse des plante CAM, pour Crassulacean Acid Metabolism = métabolisme acide des Crassulacées).
Pour que le pH au sein des cellules ne soit pas trop modifié,
il a fallu que la plante en augmente le nombre,
ce qui explique l'épaisseur des feuilles des Pleurothallidinae.
L'inconvénient principal de cette respiration est son manque de productivité puisqu'elle a
un rendement de 1% de la respiration diurne.
Ce qui semble vouloir dire que les Pleurothallidinae ont survécu au détriment de leur vitesse de croissance.
Tous les pleurothallidinae n'ont pas de feuilles épaisses mais ceux qui en possèdent croissent
moins difficilement que les autres.
Car dans les vallées amazoniennes, durant la période glaciaire,
le boisement n'était pas uniforme ;
il existait des endroits boisés, certains ressemblaient aux savanes,
tandis que d'autres étaient désertiques.

Ces adaptations leur restèrent lorsque les températures devinrent plus clémentes et qu'ils
reconquirent les flancs des montagnes.
Il est un fait presque certain,
ces modifications sont apparues après plusieurs périodes glaciaires.
On sait que ce phénomène naturel apparaît de façon cyclique et que chaque période contribue
à une meilleure adaptation à la sécheresse.
Il est difficile d'établir les conséquences de tout ceci sur la culture des Pleurothallidinae car :
- Nous ne savons pas à partir de quel taux d'humidité les plantes changent leur façon
 de respirer ;
- Toutes les espèces ne procèdent pas à ce changement au même degré d'hygrométrie.
 Il est certain que les pleurothallidinae à feuilles épaisses, de par leur respiration nocturne,
ont un développement plus rapide que les autres dans une atmosphère plus ou moins sèche.
Si l'on ne sait pas à quel moment les plantes sont passées au système moins productif
d'absorption du CO2,
il serait préférable ; en théorie, d'attendre la fin de la journée pour les arroser.




Culture :



= Type de culture
Les Pleurothallidinae sont soit
- Epiphyte
- Lithophyte
- Terricole
Par conséquent, le type de culture peut être soit en pot plastique ajouré,
soit en pot de terre ce qui permet de maintenir une température plus fraiche
au niveau des racines,
soit monté sur plaque de tout type (plaque de liège, fanjan, etc.),
soit en panier comme pour les Dracula.

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Masd. glandulosa en pot ajouré, en culture et photo (Pfihl Dominique).

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Lepanthes calodictyon sur fanjan, en culture et photo (Pfihl Dominique).




= Milieu de culture
1/Culture en pot
- Ecorce de pin
- Perlite ou vermiculite ou bille de polystyrène
- Charbon de bois
- Sphaigne
La proportion des différents composants est en fonction des fréquences d’arrosage,
de l’environnement du site de culture,
des besoins propres aux genres ou espèces.
La granulométrie du milieu de culture est en général de 5mm ce qui correspond bien
à  la plus part des Pleurothallidinae.
Certains cultivent en sphaigne pure comme pour les Dracula.
Dans ce cas, il faut faire attention au tassement de cette dernière au fil des arrosages.
Il est important de mettre une couche de drainage dans le fond des pots.

Ceci est un compost idéal pour la culture des Pleurothallidinae.
- 4 parts d'écorce de pin granulométrie moyenne (environ 5mm)
- 3 parts de charbon de bois fin
- 1 part de perlite
- 1 part de sphagnum (en fonction de l'espèce)
- 1 part de polystyrène fin
- facultatif, vous pouvez également ajouter 2 à 3 parts
 de fougère arborescente (fanjan) finement hachée.
nous rajouterons plus ou moins de sphaigne selon le genre ou l'espèce
et selon la rapidité de sèchage du milieu de culture.

Ceci est un milieu de culture idéal pour la culture des Masdevallia
et assimilés dans des pots en terre.
- 60 % d'écorce de pin d'une granulométrie un peu plus grosse (environ 8mm).
- 20 % de charbon de bois (même granulométrie).
- 20 % de sphaigne.
Ce milieu est passe partout et très drainant.

La granulométrie dépend également de l'épaisseur des racines qui sont suivant
les genres et espèces :
- fines........granulométrie fine
- moyenne......granulométrie de 5mm
- grosse.......granulométrie de 5mm à8mm.
La granulométrie influe également sur le développement racinaire ; ainsi,
pour de jeunes plantes il serait préférable d'avoir une granulométrie fine.
toutefois, il faut savoir que plus la granulométrie est fine,
plus le milieu de culture est rétenteur d'eau.

2/ Culture sur plaque, dite « montée »
De la sphaigne à la quelle vous pouvez rajouter des aiguilles de pin.
De la mousse rase du genre de celle qui pousse sur les murs intérieurs des serres.
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Acinopetala chontalensis sur plaque de fanjan, en culture et photo (Pfihl Dominique).

Il faut savoir que dans ce vaste sous-tribu,
Beau nombre de Pleurothallidinae ne supportent pas une culture autre
que montée sur plaque ou en panier de par leur mode de floraison (Dracula)
ou leur système racinaire voir leur mode de développement comme pour
Spectaculum racemosum au rhizome traçant ou
Byrsella caesia qui pousse la tête en bas.

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Byrsella caesia ex. Masd. caesia,en culture et photo (Pfihl Dominique)

= Arrosage
Un des paramètres de culture les plus délicat.
Si le milieu de culture ne doit jamais être totalement sec sous peine d’avoir un bloquage
des racines,
il est important de ne pas sur arrosé car la plus part des Pleurothallidinae craignent les excès
d’arrosage qui a pour effet un pourrissement des racines ;
ce qui est paradoxal pour des plantes qui croissent dans un
environnement très humide,
mais dont les racines se développent (dans la plus par des cas);
dans pratiquement aucun substrat si ce n'est dans une fine couche de mousse.

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Développement d'un système racinaire sur branche d'un Masdevallia in-situ.

Il y a toujours des exceptions comme par exemple en Amérique centrale au Costa Rica ;
où en hiver les précipitations ne sont pas très abondantes (contrairement aux idées reçues),
faisant place à des périodes plus sèches ;
mais en sachant que les nuits sont humides du a l'effet de condensation de l'air humide.

La fréquence d'arrosage est en fonction de :
- l'environnement de culture ( extérieur ou intérieur)
- du milieu de culture
- de la température
- de l'aération
- de la luminosité
- de l'activité du végétal
- de l'espèce
Bref, beaucoup de paramètres qui détermineront la fréquence des arrosages.
Pour être franc avec vous, je dirais qu'il n'y a qu'une seule méthode pour connaître le juste arrosage,
elle s'appelle le feeling, l'observation.
Ainsi j'arrose environ une fois par semaine (en serre),
alors que d'autres sur leur site de culture arrosent tous les jours.
Pour les Pleurothallidinae, en théorie, le milieu de culture ne doit jamais sécher, mais rester humide.
Il est difficile de trouver un terme pour définir la quantité d'humidité résiduelle
dans le milieu de culture après arrosage ;
- Bien frais ?
- Très humide ?
- Bien humide ?
- Humide sans excès ?
Laisser plutôt sécher le milieu, du moment qu'il reste frais, sans plus, car l'arrosage,
même s'il doit être important, peut devenir très vite néfaste pour la plante.
Il faut savoir que les orchidées, toutes confondues, dépérissent plus vite d'un excès que d'un manque d'eau.
Evitez de faire pénétrer de l'eau dans les gaines foliaires quand vous arrosez,
Pour exemple les Masdevallia car contrairement à d'autres Pleurothallidineae,
l'annulus est très bas sur la tige (au niveau du milieu de culture).
Si l'eau y stagne trop longtemps, elle fera pourrir la tige.
Lors des arrosages, il est très important de ne pas mouiller les jeunes pousses très sensibles.
L'eau idéale ne doit pas être minéralisée et surtout pas calcaire.
Utilisez l'eau de pluie préalablement filtrée et laissez reposer quelques jours
dans un fût en plastique plutôt qu'en métal,
pour éviter que l'eau ne se charge en oxyde de fer ou en autres minéraux.



= Fertilisation
Les Pleurothallidinae ne sont pas très gourmands ;
il sont classés en catégorie I sur l'échelle de Pennigsfeld.
Il faut tout de même avoir un suivi de fumure et suivre quelques règles
lors des apports.
Toutefois, Portilla D'Ecuagenera préconise une fertilisation hebdomadaire pour bon
nombres de Pleurothallidinae.
Ces apports ne devraient pas êtres de plus de 100ppm en moyenne pour un engrais type 20/20/20
( soit 2 ml par litre d'eau = 100 ppm de N ).
Certains font un apport à chaque arrosage en diluant au double d'eau, soit 50ppm voir moins,
et ceci toujours avec un engrais type 20/20/20 ( soit 1 ml par litre d'eau = 50 ppm de N ).
Pour l’utilisation d’un EC, la salinité de l’eau ne devrait pas être supérieur à 200µS.
Personnellement, je fertilise une fois par semaine deux fois de suite,
Puis un arrosage à l’eau pure pour laver le milieu de culture.

- Ne jamais donner d'engrais si le milieu de culture est sec pour
deux raisons très importantes :
- La première, est que l'apport risque de brûler les racines.
- La deuxième raison, est due au phénomène d'osmose, phénomène traduisant
les échanges entre deux milieux de concentrations différentes
(le moins concentré vers le plus concentré)
et séparés par une membrane perméable ou semi-perméable
(c'est à dire perméable sur une face seulement).
La circulation de l'eau et des particules de très petites tailles
(ions, sels minéraux dissous) qu'elle contient s'effectuera par conséquent
du milieu le moins concentré (ou milieu hypotonique) vers le milieu le plus concentré
(ou milieu isotonique).
Par conséquent,
si la concentration est plus importante dans le milieu de culture
par rapport à la concentration dans la plante,
nous pourrions dire en simplifiant,
que l'osmose s'effectue dans l'autre sens.
En fait, sans entrer dans les détails, ce phénomène appelé "exorption"
est effectué par la plante afin de diluer la concentration plus importante contenue
dans le milieu de culture, par rapport à la concentration contenue dans la plante.
Le danger de ce phénomène est le risque de déshydratation de la plante.  

- Je vous déconseille (peut être à tort), l'emploi d'engrais en granulés à dissolution lente.
En effet, les apports d'engrais s'obtiennent par dissolution du produit à chaque arrosage ;
vous n'aurez aucun contrôle de l'apport effectué.
De plus, cet apport risque d'être trop important surtout si vous devez arroser souvent.

- En règle générale, l'apport d'engrais en été et en hiver, est un ternaire type 1/1/1,
donc assez faible en macro-éléments. Malgré cela, si les températures sont
supérieures à 25°C en été (repos végétal), j'arrête tout apport.

- Je vous conseille de faire de temps à autre, des apports complémentaires d'azote
afin de rééquilibrer cet élément qui pourrait faire très vite défaut aux plantes.
Ce risque de manque d'azote est du à l'absorption de ce dernier
par des micros organismes (bactéries, amibes...)contenus naturellement dans l'écorce de pin.

- Je conseille également de faire des apports; toujours modérés, de complexes d'oligo-éléments.
Des apports réguliers de thiamine (vitamine B1) s'avèrent être un très bon déstressant
(conseillé également après le rempotage ou l'acquisition d'une nouvelle plante) ainsi
qu'un excellent complément en potassium pour augmenter la résistance des plantes
avant l'été et l'hiver.

- S'il est vrai que les Pleurothallidinae n'ont pas de période de repos;
il faut savoir  qu'en été (dans le contexte du site de culture chez mois),
leur croissance peut se trouver être ralentie du à la chaleur.
C'est pour cette raison que le besoin en engrais se trouve de ce fait, différent.

Connaitre la dose d'emploi exacte de votre engrais :
Il suffit de diviser le premier chiffre de votre engrais par 5,
le chiffre obtenu vous donne le nombre de litre d'eau à utiliser pour 1 ml ou 1 gramme d'engrais afin d'obtenir la dilution 1/8...
Exemple :
pour un engrais liquide 20-20-20 :
20 : 5 = 4
il faudra donc utiliser 1 ml d'engrais pour 4 litre d'eau pour obtenir la dilution 1/8.
Diminuer la quantité d'eau par 2 pour obtenir la dilution 1/4 et par 4 pour obtenir la dilution ½
et par 8 pour obtenir la dilution normal.



= Hygrométrie
L’hygrométrie ne doit jamais être inférieur à 65% voir d’avantage pour les plantes montées
sur plaque.
Il serait bon que le taux d'hygrométrie soit plus important la nuit que le jour.



= Ventilation
La ventilation doit être importante vu l'environnement très humide,
mais il ne doit pas assècher le milieu de culture trop vite.
la ventilation pour les Pleurothallidinae est très importante,
cela évite la pourriture en mettant l'air en mouvement.



= L'aération
l'aération est importante a fin de renouveller l'air vicié
toujours par rapport à la forte humidité.



= Lumière (éclairage)
Par éclairage, nous entendons apport de lumière, qu'elle soit naturelle ou artificielle.
Il ne faut pas confondre durée et qualité de la lumière.
-  Par durée lumineuse,
on sous entend l'apport journalier de lumière ( naturelle ou artificielle) pouvant être complété
si besoin est par un éclairage artificiel.
-  Par qualité de lumière ( intensité lumineuse), on sous entend la puissance
d'émission lumineuse naturelle ou artificielle à laquelle les plantes sont soumises.

- Par exemple :
Pour un apport de lumière de 7000 lux (le besoin des Pleurothallidinae est de 4000 à 8000 lux),
il est conseillé d'avoir une durée de 12 heures d'éclairage.
Si l'apport lumineux correspond à 7000 lux pendant seulement 8 heures,
vos plantes risqueront de manquer de lumière.
Si cet apport s'effectue sur une durée de 15 heures, vos plantes auront trop de lumière.
Dans le cas où l'apport serait de 15000 lux par exemple,
sur une période de 5 heures,
les plantes recevront une intensité lumineuse bien trop importante,
même si la durée est relativement courte.
En conclusion,
nous pouvons dire que l'intensité lumineuse est intimement liée à la durée lumineuse,
en sachant qu'elle correspond aux besoinx physiologiques et métaboliques de la plante.
Ce n'est pas parce que l'on augmente l'intensité lumineuse que l'on pourra diminuer
la durée lumineuse et vice versa.

- Par lumière artificielle,
on sous entend un apport lumineux émis par une source lumineuse autre que le soleil.
Pour savoir si vos Pleurothallidinae ont suffisammant de lumière,
il suffit de contrôler l'aspect du feuillage.
Trop de lumière, et le feuillage jaunit, pouvant même devenir rougeâtre,
pas assez de lumière, et il prendra une couleur vert foncé.
Le besoin théorique des Pleurothallidinaese situe entre 4000 et 8000 lux ;
Mais là encores,
il y a des exceptions comme certains Masdevallia (Masd. civilis ; Masd. bonplandii ; Masd. coriacea)
poussant dans des zones semi-arides et exposés aux chaleurs extrêmes de la mi-journée.
Si dans leur milieu naturel ( vu la latitude), les Pleurothallidinae ne connaissent pas trop d'écart
de durée de luminosité entre l'hiver et l'été, chez nous cet écart est très important,
d'où la nécessité d'effectuer un apport complémentaire de lumière artificielle.
- La fréquence clair/obscure serat de 12 heures.

Calculer les lux : ( a l'aide d'un appareil-photo)
Réglez la senssibilitée de la pellicule à 200 asa et celle de l'obturateur à 1/125 seconde.
Tenez une feuille de papier blanc là où vous voulez connaître la luminosité.
Le viseur ne doit montré que du blanc.
Réglez la bague d'ouverture de diaphragme jusqu'à ce que l'exposition désirée apparaisse au photomètre.

ouverture
   du-------------------4-----------5.6---------8----------11------------16----------22
diaphragme

  lux----------------685--------1338-----2675-----5350-------10700-----21400



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Luminosité approximative à Bogota (Colombie)d'après le Dr.H.G. Kronenberg.
Le schéma est donné en joule. En sachant que 50 joules est équivalant à 1250 lux ;
il est facile de calculer le taux de lumière perçu par les Pleurothallidinae.
Il faut également tenir compte d'un ombrage approximatif de 20% ou à 80% de rayonnement solaire(tableau ci-dessous),
dû aux arbres et d'autres paramètres cités dans le texte ci-dessous.

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Données en lux, avec et sans ombrage à 80% soit 20% de filtration du rayonnement solaire.

Il n'est pas facile d'avoir une idée précise sur la quantité ou durée de luminosité (ensoleillement)
auquel les Pleurothallidinae sont exposées ;
car elle dépend de la localisation de chaque plante et diffère selon l'environnement :
- Orientation des plantes sur les crêtes
  où dans les pentes de montagne.
- Localisation dans où sous les arbres
 ou arbrissaux qui produisent de l'ombre.
- Localisation dans les couvertures nuageuses
 ou le brouillard.
- L'altitude où elles croissent
 (filtrage du rayonnement solaire).
Tous ces paramètres influencent l'apport en durée et qualité de lumière.
Vous pouvez constater, que la moyenne de luminosité sans ombrage est de 7583 lux
et avec ombrage de 6067 lux.
Nous pouvons donc affirmer sans erreur,
que les Pleurothallidinae (içi une étude pour les Masdevallia)croissent
dans un milieu lumineux dont la fourchette se situe entre
6000 et 9000 lux avec toutefois des baisses allant jusqu'à 5000 lux et des pics de 9250 lux
(d'exposition relativement courte) dans l'année où cette étude à été faite
par le Dr.H.G. Kronenberg.
L'éclairage théorique pour les Masdevallia
se situe  entre 6000 et 10000 lux sans
soleil direct (sauf exception).

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Dracula chestertonii, en culture et photo (Pfihl Dominique).



= Température
Si les Pleurothallidinae sont de culture dite froide,
il faut savoir qu'il y a trois niveaux de température :
- Chaude...................jour : 20°C à 27°C nuit : 11°C à 18°C.
- Tempérée chaude.......jour 18° C à 25°C nuit : 10°C à 15°C.
- Tempérée................jour : 12°C à 20°C nuit : 8°C à 13°C.
- Tempérée froide..........jour : 12°C à 18°C nuit : 8°C à 11°C.
- Froide...................... jour : 10°C à 16°C nuit : 5°C à 12°C.

En théorie, la température paraît un critère très important pour la culture des Pleurothallidinae.
En pratique, elle influe sur la technique de culture,
l'induction florale ou le développement des boutons floraux ainsi que sur la croissance des plantes.
L'influence qu'exercent les fortes chaleurs sur les Pleurothallidinae ;
est de ralentir, voire stopper le développement des plantes, phénomène tout à fait normal ;
car pour s'en protéger, les plantes diminuent leur activité (repos végétal).
Le brunissement apical des feuilles est également un signe de températures trops importantes.

Pour obtenir de la fraîcheur (baisse des températures surtout en été),
il faut ouvrir les ouvrants du toit ; bassiner ; instaler une climatisation ;
vaporiser ;
ou installer un "cool système" ou insoufler l'air frais dans la serre durant la nuit.

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Acianthera pubescens, en culture et photo (Pfihl Dominique).



= L'induction florale
La floraison des Pleurothallidinae n'est pas toujours facile.
Lors de discussions avec d'autres passionnés,
il m'a souvent été rapporté que le "coup du frigo" ne fonctionnait pas toujours bien.

En effet, ce sont les écarts (amplitude) de températures (pas forcément le froid)
qui induisent la floraison.
Pour cette raison,
il est important de faire chuter les températures nocturnes
d'un minimum de 10°C suivant l'espèce.

Il me paraît important de vous citer l'exemple de Masd. ignea en fleur au mois de juillet,
car la température nocturne (11°C) était vraiment très basse
par rapport à la température diurne (27°C).
Cette amplitude (de 16°C)a eu pour effet d'induire la floraison.
Si vos Pleurothallidinae ne fleurissent pas,
cela est bien souvent du au manque d'amplitude thermique ;
d'un manque de lumière.
De plus, et en complément,
vous pouvez également faire des apports d'engrais phosphoré ;
mais attention,
l'engrais seul ne fera pas fleurir vos plantes,
le phosphore est un élément indispensable à la plante pour la formation de boutons floraux,
mais en aucun cas il est un inducteur à la floraison.
Pour simplifier, votre plante, quelle que soit cette dernière,
doit recevoir "l'ordre" de fleurir (induction florale),
soit par une période suffisante :
- plus froide,
- alternant froid et chaud par intermittence,
- plus sèche,
- ou moins lumineuse ( journées plus courtes),
L'apport massif d'engrais phosphoré n'y changera rien si cet "ordre" n'a pas été donné,
et aucun bouton floral ne se formera.
                                     
Attention :

- Ne cherchez pas à faire fleurir les plantes malades ou celles qui ont
une touffe trop faible, cela pourrait leur être néfaste,
car la formation de boutons requiert beaucoup d'énergie.
Soyez patients et laissez à la plante le temps de se refaire une santé
ou d'augmenter en taille par un bon développement,
la floraison n'en sera que plus belle.

- Certains Pleurothallidinae, suivant leurs origine ;
ont besoin non pas de froid pour fleurir, mais d'une période de semi-sécheresse.

- Les plantes synthétisent naturellement des hormones comme l'éthylène,
qui provoque la fanaison des fleurs.
Pour cette raison,
il est impératif de supprimer les fleurs fanées pour ne pas diminuer la durée de floraison.

Voilà, je pense ne rien avoir oublié.

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Masd. veitchiana, en culture et photo (Pfihl Dominique)


Dernière édition par dom68 le Dim 20 Mar 2016 - 19:46, édité 10 fois
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Re: Culture générale des Pleurothallidinae.

Message par Frédérick le Dim 10 Fév 2013 - 17:27

Magnifique et super complet,bravo et grand merci pour le boulot.
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sobralia33
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Re: Culture générale des Pleurothallidinae.

Message par sobralia33 le Dim 10 Fév 2013 - 19:01

Wouahhhhhhhhhhh ! Ca c'est du "reportage !
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luka54
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Re: Culture générale des Pleurothallidinae.

Message par luka54 le Lun 11 Fév 2013 - 9:46

Merci Dom, magnifique travail.

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Re: Culture générale des Pleurothallidinae.

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